Les femmes oubliées des TI

Les femmes oubliées des nouvelles technologies

Une étude de l’Association québécoise des technologies affiche que seulement 20 % des postes en Technologies de l’Information et des Communications (TIC) sont occupés par des femmes. Si ce taux est demeuré stable au cours des 10 dernières années, il reste cependant faible et la proportion de femmes qui occupent des postes décisionnels est encore plus petite. La Stratégie numérique du Québec ne prévoit aucune action pour créer les ressources qualifiées si recherchées par nos entreprises! Et ça, c’est un problème.

Les investissements massifs provinciaux et fédéraux sont orientés vers le développement économique des entreprises, majoritairement composées d’hommes, mais ne définit rien sur la main d’oeuvre.  De fait, le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, depuis moins d’un an, s’est doté de la Vitrine 4.0, pour partager l’excellence numérique des entreprises québécoises. Cette stratégie s’inscrit dans le plan en économie numérique du gouvernement Québec qui alloue près de 200 millions de dollars pour « stimuler les innovations par les technologies et les données, accélérer la transformation des entreprises et l’adoption du commerce électronique, renforcer la position du secteur québécois des TIC comme chef de file mondial […] ». Et les femmes dans tout ça?

À trop stimuler le développement technologique, on en a oublié l’aspect humain

Les besoins dans les TIC sont immenses. D’ici 2021 c’est une pénurie de plus de 200 000 emplois qui frappera le secteur au Québec. Pour répondre aux défis de l’économie numérique, il faudrait pourvoir 12 000 nouveaux postes dans les TIC chaque année. Or « au Québec, c’est […] environ 3 000 nouveaux diplômés qui sortent chaque année », confiait à Radio-Canada, en 2017, Paul Raymond, PDG de la firme Alithya. Ce sont donc 9 000 emplois qui ne sont pas comblés en informatique chaque année. « Il faut encourager les jeunes, surtout les filles, à aller dans des programmes informatiques. »

En fait, la parité devrait être un des objectifs du gouvernement dans la répartition de ses investissements. Il existe des recommandations de gouvernance comme l’analyse différenciée selon les sexes et plus (ADS+) qui favorise des décisions inclusives.

Cachez cette hécatombe que je ne saurais voir! 

Non seulement le Québec connait un développement économique sans précédant dans les nouvelles technologies, mais les emplois les plus occupés par les femmes sont voués à disparaître du fait même des nouvelles technologies!

Selon, Statistique Canada les emplois de vendeuse dans le commerce de détail et de caissière sont majoritairement occupés par des femmes. Ces postes sont progressivement remplacés par des caisses libre-service robotisées ou le commerce en ligne. On parle même 92 % des emplois dans le commerce de détail et 97 % des emplois de caisse qui sont voués à disparaître dans les prochaines années, soit soit 1 million d’employé.e.s remercié.e.s. Comment pouvons-nous avoir d’un côté une pénurie de main d’oeuvre et de l’autre près 1 million de chômeuses en devenir ?

Intégrer activement les femmes dans l’accès aux métiers des TIC est non seulement une stratégie économique brillante, mais incontournable

Dans son rapport publié en janvier 2018, le conseil des technologies de l’information et des communications (CTIC)on peut lire que « représentant près de la moitié des Canadiens en âge de travailler, les femmes font partie d’un important bassin de talents pour les emplois numériques de qualité qui appuieront notre future économie […], une tendance qui suggère qu’il y a clairement place à l’amélioration en renouvelant l’objectif de la diversité et de l’inclusion. »

Dans ce contexte, les femmes, mais aussi les jeunes, les immigrant.e.s, les autochtones, les personnes à mobilité réduite… sont une manne providentielle pour notre économie.

On jase là… mais l’information parvient-elle à nos décideurs?

2 thoughts on “Les femmes oubliées des nouvelles technologies

  1. Excellent premier billet Nathalie. En effet, l’enjeu de la main-d’oeuvre féminine en TIC est majeur. Malgré les efforts d’organismes tel que Techno Compétences
    (https://www.technocompetences.qc.ca/ ), il reste encore beaucoup à faire pour sensibiliser les jeunes femmes ( et même les jeunes hommes) aux diverses carrières en TIC. L’automatisation et l’IA ne devraient pas faire craindre pour l’avenir, au contraire…
    Bonne continuation !
    PL

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