J'ai 3 nationalités et je suis québécoise par choix et de coeur

Je suis québécoise

Je suis portugaise, mon père et ma mère sont nés au Portugal. Ils ont fui la dictature d’António de Oliveira Salazar à la fin des années 60. Je suis née en France où j’ai étudié et travaillé avant d’émigrer, moi-même, au Canada. Comme mes parents. À la recherche d’un monde meilleur.

J’adore le Portugal, toute ma famille y est. Ma famille c’est 12 tantes et oncles du côté de mon père et 7 du côté de ma mère et une ribambelle de cousin.e.s. Le portugais est ma langue maternelle. Quand je suis entrée à l’école, je ne parlais pas français.

J’ai passé tous mes étés au Portugal, même si je ne pouvais pas le partager vraiment. À l’école, mes camarades français allaient en Bretagne ou à Nice. Les seules personnes avec qui je pouvais en parler étaient Assa, Cidhamed, Farida ou Dalila, mes ami.e.s de la cité HLM où je vivais, parce que nous on passait nos vacances ailleurs… Et on se comprenait.

Je suis née en France. À l’école, dès le primaire, j’ai reçu des insultes racistes dans la cour d’école. Les enfants répètent bêtement ce qu’ils entendent chez eux. Ce n’est pas facile lorsque tu te construis comme personne. Tu veux souvent te fondre dans la masse, tu te demandes pourquoi tu ne t’appelles pas Durand ou Dupont.

Toute mon éducation est française, ma culture, mes références et mon accent sont français. La France reconnait le droit du sol et j’ai donc acquis la nationalité française. La cohabitation des deux cultures n’a pas toujours été facile à la maison, surtout à l’adolescence. C’est surtout sur vers l’âge adulte que j’ai senti l’étiquette qui t’arrive sur le front dès que je déclinais mon identité. Portugaise = mère femme de ménage, père maçon. On aime ça les étiquettes en France. Ça a l’air anodin, mais en vrai ça changeait tout, dans ma progression sociale, dans mon salaire, dans le regard des autres.

Quand je suis arrivée au Québec et que je racontais mon parcours, mes origines, ma famille… Mes ami.e.s québécois.e.s me trouvaient fascinante. J’étais abasourdie. Cette différence était valorisée. Hein? J’avais pas l’habitude. Mes repères ont explosés.

Au Québec, ma diversité est valorisée.

Pour la première fois je pouvais être moi sans avoir peur du jugement. Tous les morceaux de moi-même pouvaient exister ensemble. Le regard des québécoi.e.s ne me rangeait plus dans une boite de préjugés et ça faisait du bien. J’en avais besoin. Ça a changé ma vie.

J’avais choisi le Québec, mais là je comprenais pourquoi. L’ouverture, l’accueil et l’inclusion que j’y ai trouvés m’ont permis de grandir, de m’investir, de m’impliquer! Ce n’est plus seulement un choix de vie, c’était de l’amour, de la passion et j’ai sauté à pieds joints dans cette nouvelle identité qui me permettait d’être bien. Enfin.

Le Festival Portugal international de Montréal
Festival Portugal international de Montréal, Québec

J’aime tellement le Québec que je l’ai parcouru en long et en large. Je bois son histoire, ses expressions, sa culture. Je lui rends 100 fois ce qu’il m’a donné et j’espère participer à le rendre meilleur. En revanche…

Je suis québécoise et je ne reconnais pas mon Québec dans le projet de loi n°21.

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